
racontez-vous des histoires et déposez-les ici. Brèves, longues, belles ou imparfaites, à dormir debout, passionnantes ou enivrantes. Silencieuses. Ici, vous pouvez lire et commenter aussi celles des autres. Faites voyager les mots vers l'imaginaire.
rythme, rime, intensité, densité, mesure et démesure. Légers de quelques mots, torrentiels d’une infinité d’images, de parfums et de saveurs prenant au cœur ou à apprendre par cœur. Certains poèmes n’ont pas de nom et osent à peine. Tous même d’un point sont les bienvenus.
Quand l'on a rien à dire qu'un fond de pensé louche, stagnant au fond d'un verre-vide tel une divagation, la plume sur la feuille écrit à la va vite des fulgurances étranges qu'on nomme parfois errances. Pour vous libérer de toute règle.
Je passerai des heures à guetter le brouillard dissimulant mon cœur aux pernicieux regards d’une foule aux excès parfumés de folie à l’affût sans arrêt de plus grands appétits. Toi tu seras j’espère au milieu des badauds princesse prisonnière à ces honteux fardeaux qui ne laissent de place aux cœurs des dilettantes qu’à l’amère surface où dorment les absentes.
Je passerai des heures à me noyer de brume conjurant la douleur en mordant le bitume à mes semelles en feu qui ne hurleront pas ce brasier silencieux étouffé dans tes bras. Toi tu seras j’espère accrochée à la lune au-delà des frontières et au-delà des dunes pour inspirer candide aux plus mièvres poètes des rimes bien timides à leurs esprits en miettes.
J’écrirai sur ta peau des douleurs imbéciles comme on plante un drapeau aux conquêtes futiles juste pour ressembler un instant d’utopie à ces hommes engoncés dans leur sinistre vie. Toi tu riras des larmes aux tatouages éphémères et tu noieras tes charmes aux ondes moins amères sirène sans rocher qui traverse les âges chantant désabusée pour le moindre naufrage.
( …)
Je veux du bleu. Alors me voilà dans mon magasin préféré, au rayon des bleus. Ceux qu’on numérote et qu’on vend en tube. Bleu, je veux, j’ai besoin de ce bleu. Le bleu que mon père du haut de notre falaise pointe du doigt. Pas le bleu de Klein, ni celui de Matisse, Je veux le Bleu. Celui de la crique de mon enfance, le bleu sombre et chaud qui ne fait peur à personne parce qu’il sait se faire si transparent, si limpide et si brillant. Pas le bleu qui baigne le soleil et qui brûle. Je veux le bleu qui colle aux mimosas, le bleu qui fait chanter les cigales, qui se réfugie au frais, au pied du cyprès, celui embrasse le sable, qui rafraichit mon corps et aujourd’hui ma mémoire.
Danse de l’immobile, avec toi,
je te regarde toute la nuit.
Peux tu seulement une fois
me voir, pour ce que je suis?
.
Toi qui brilles de milles feux,
telle que la lune elle même en est jalouse…
Pourquoi me priver d’un sommeil bienheureux?
J’en ai le droit autant qu’eux.
.
Parles lui, vent.
Expliques lui, marée.
Defends moi, temps.
Aides moi, Obscurité !
(. . . )
Je suis reine de froideur, enterrée vivante sous mon dédain. Je suis corps abandonné qui te méprise de sa hauteur solitaire. Je me tapis dans la soie et l’or, luxure langoureuse, t’observant de mon cocon d’indifférence.
Tu aimes l’amande douce et rassurante de mon œil, le cercle parfait et aguichant de ma lèvre, la ligne floue et intrigante de mon visage. Je suis ton mystère parfumé, enveloppé de secrets effrayants.
Tu aimes la courbe imperceptible du satin sur ma jambe immobile, le pli presque invisible des fleurs de lys dans mes cheveux de jais, le mouvement silencieux du vent contre ma silhouette fragile. Je suis ton souvenir le plus effacé, ton amour le plus oublié.
Je suis reine de froideur, sur mon trône de mépris. Tu aimes de moi ces choses-là que tu penses voir. Qui te soufflent des rêves fous, alors même que ma bouche n’a délivré mot. Tu aimes le fantôme de tes fantasmes, flasque d’espoir. Mais je ne suis pas. Je ne suis plus.
.
Qu’un songe impossible, au parfum inodore de lotus.